« Jeux vidéo : l’avatar, mon alter ego »

[…] si les jeux narratifs fonctionnent aussi bien aujourd’hui, c’est parce que le joueur semble avoir un plus grand pouvoir sur l’intrigue. Il prend le contrôle tant sur l’apparence de son avatar que sur son rapport aux autres joueurs.

« Le personnage, ce n’est pas tout à fait moi, estime le psychologue Milan Hung. C’est une partie de moi que j’ai choisi de montrer. Alors, forcément, quand on est un jeune joueur complexé, tous les obstacles sont levés. »

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S’ennuyer avec les écrans numériques

Ah les écrans, ces objets omniprésents ! À croire qu’ils deviennent bien plus importants que les êtres humains. Que ce soit dans le bus, le métro, au restaurant, au bar, en salle d’attente, en concert, à la maison, en marchant, en voyage, devant notre repas, devant la télévision, à l’intérieur ou à l’extérieur… Nous avons notre écran sur nous, nous le regardons, nous faisons défiler les contenus infinis du monde virtuel. Dans l’attente, cet objet reste constamment à notre portée de main, jusqu’à ce que quelque chose se produise. Pour d’autres, cet objet à priori omniprésent accompagne leur vie quotidienne : il sert d’appareil photo, de lecteur de musique, d’outil de communication, de console de jeux ; il nous connecte au reste du monde.

Ne devient-il pas tentant quand même de se dire qu’après tout, ces écrans seraient le fléau d’une société ? Qu’ils nous empêchent d’avoir une relation saine avec la vraie réalité, celle que nous voyons de nos propres yeux, celle que nous respirons et que nous sentons. Que ce qui se passe sur les écrans n’est pas réel, qu’à force de les utiliser, nous allons finir par confondre les réalités, et que nous ferions mieux de nous détacher de cet objet omniprésent qui en devient psychotisant !

Bien évidemment, la relation à l’objet ne peut se résumer à un lien de causalité, et nous ne pouvons nous tenir à réduire ce phénomène à un rapport de dépendance ou de mauvais objet, car lorsque nous parlons d’objet, nous parlons aussi de sujet, et qui dit sujet dit subjectivité, c’est-à-dire, ce qui appartient à la vie de la personne et tout ce qui fait d’elle un être complexe. Ici,  il n’est pas question de juger si l’objet numérique est bon ou mauvais, l’enjeu est d’interroger la manière dont notre rapport à l’objet numérique vient signer un changement dans notre rapport avec l’ennui.

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Le « portage virtuel »

Le concept de portage virtuel vient illustrer le ressenti d’être face à un écran qui prend une fonction maternante : l’écran de jeu produit des images, des symboles, des représentations visuelles et des stimuli sensoriels desquels le sujet choisit de se nourrir. Cela suppose une remise en question du rapport du sujet au jeu vidéo : on entend souvent l’argument qu’être face à un jeu vidéo est en quelque sorte s’adonner à une activité qui empêche de penser, mais toute la question repose sur la signification de cet « empêchement de penser ». S’agit-il d’une barrière psychique anesthésiante ou au contraire d’un support facilitant l’expression des conflits psychiques ? Que voit-on « dans » et « derrière » l’écran de jeu ?

NB: il s’agit d’un extrait de mon mémoire de recherche de Master 2 intitulé L’enfant abandonnique rencontre le jeu vidéo

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Le selfie, miroir social augmenté ?

Il y a quelque chose de fascinant dans le miroir.

Le miroir nous montre ce que nous renvoyons comme image de soi à l’autre. De notre perspective, nous n’avons qu’une vision restreinte de notre image de soi, nous ne voyons qu’une partie de notre corps. Nous ne nous voyons jamais sur une vue d’ensemble, nous sommes obligés de passer par le miroir pour voir ce à quoi ou à qui nous ressemblons. Nous n’avons aucune difficulté à percevoir les autres dans leur ensemble, d’ailleurs il est beaucoup plus courant de voir l’autre entièrement que partiellement. Le bébé voit l’autre par bout : les représentations visuelles que se font les bébés de l’autre sont biaisées, ils ne voient pas le tout, il est en cours de constitution d’un appareil psychique permettant de se représenter l’autre comme un tout. Progressivement, la maturation de l’être humain en devenir lui permet de se détacher de son corps d’avec celui de sa mère. Le père dans cette configuration familiale triangulaire prend une autre place, non pas celle du point d’origine, mais celle du gardien-protecteur du bébé.

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