Le « portage virtuel »

Le concept de portage virtuel vient illustrer le ressenti d’être face à un écran qui prend une fonction maternante : l’écran de jeu produit des images, des symboles, des représentations visuelles et des stimuli sensoriels desquels le sujet choisit de se nourrir. Cela suppose une remise en question du rapport du sujet au jeu vidéo : on entend souvent l’argument qu’être face à un jeu vidéo est en quelque sorte s’adonner à une activité qui empêche de penser, mais toute la question repose sur la signification de cet « empêchement de penser ». S’agit-il d’une barrière psychique anesthésiante ou au contraire d’un support facilitant l’expression des conflits psychiques ? Que voit-on « dans » et « derrière » l’écran de jeu ?

NB: il s’agit d’un extrait de mon mémoire de recherche de Master 2 intitulé L’enfant abandonnique rencontre le jeu vidéo

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Le selfie, miroir social augmenté ?

Il y a quelque chose de fascinant dans le miroir.

Le miroir nous montre ce que nous renvoyons comme image de soi à l’autre. De notre perspective, nous n’avons qu’une vision restreinte de notre image de soi, nous ne voyons qu’une partie de notre corps. Nous ne nous voyons jamais sur une vue d’ensemble, nous sommes obligés de passer par le miroir pour voir ce à quoi ou à qui nous ressemblons. Nous n’avons aucune difficulté à percevoir les autres dans leur ensemble, d’ailleurs il est beaucoup plus courant de voir l’autre entièrement que partiellement. Le bébé voit l’autre par bout : les représentations visuelles que se font les bébés de l’autre sont biaisées, ils ne voient pas le tout, il est en cours de constitution d’un appareil psychique permettant de se représenter l’autre comme un tout. Progressivement, la maturation de l’être humain en devenir lui permet de se détacher de son corps d’avec celui de sa mère. Le père dans cette configuration familiale triangulaire prend une autre place, non pas celle du point d’origine, mais celle du gardien-protecteur du bébé.

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